Chapitre 8 — Sur la route de Vallaki
Après avoir quitté le village de Barovie, les aventuriers trouvent refuge auprès d’un campement vistani. Là, Madame Eva leur propose une mystérieuse lecture des cartes de Tarokka, dévoilant des indices sur des objets puissants, de futurs alliés et la confrontation qui les attend. Pour la première fois, leur lutte contre Strahd semble suivre un chemin tracé par le destin.
Une lumière grise, maladive, filtra à travers les fenêtres brisées de la maison du bourgmestre. Elle révéla l’ampleur du massacre : le sang coagulé sur les murs, les corps disloqués des bêtes mêlés aux restes des morts-vivants, les meubles renversés, les poutres fendues. Le foyer était éteint depuis longtemps. Le froid avait repris possession des lieux.
Personne ne parlait.
Bélisar était resté debout près de l’entrée, l’épée encore à la main, comme si son corps refusait d’accepter que le combat était terminé. Ses jointures blanchissaient autour de la garde. Ses yeux, rougis, fixaient le sol sans le voir.
Orgrimm s’était assis lourdement contre un pilier fendu. Son marteau reposait à ses pieds. Le nain respirait profondément, chaque inspiration accompagnée d’un râle sourd. Du sang séché barrait sa barbe rousse.
Thalion récupérait ses flèches en silence, les arrachant une à une des cadavres. Il les nettoyait sur un pan de rideau, méthodiquement, comme un rituel vide destiné à empêcher ses pensées de dériver vers l’horreur de la nuit.
Yoolhyn était agenouillé près de Kathia. Il avait déchiré sa propre chemise pour improviser des bandages, tentant de contenir les plaies ouvertes de la prêtresse. Elle respirait faiblement. Sa peau était glacée.
— Tiens bon… murmura-t-il. Tu m’dois encore une tournée, tu te rappelles ?
Elle ne répondit pas. Ses lèvres bougèrent à peine.
Le matin arriva sans douceur.
Un gris livide filtrait à travers les nuages bas, comme si même le ciel refusait d’offrir à Barovie une véritable aube. La maison du bourgmestre était silencieuse, trop silencieuse, vidée de toute chaleur humaine.
Chacun émergea lentement d’un sommeil haché, peuplé de griffes, de hurlements et de sang.
Kathia fut la dernière à se lever. Yoolhyn l’aida à s’asseoir, glissant un bras sous ses épaules.
— Doucement… tu m’as fait peur cette nuit.
Elle esquissa un pâle sourire.
— Je suis encore là.
— Ouais. Et ça, c’est déjà une victoire.
Bélisar se tenait près de la fenêtre, Thalion ajustait son carquois en silence et Orgrimm finissait de nettoyer son marteau, raclant la chair séchée dans un coin de pierre.
Personne ne parlait vraiment. Ils n’en avaient pas la force.
Ils transportèrent le corps d’Ismark à l’aube.
Enveloppé dans un drap blanc, porté à bout de bras par Bélisar et Orgrimm, il traversa le village sous le regard muet des maisons délabrées. Quelques silhouettes apparurent derrière des rideaux sales. Personne ne sortit.
Même les corbeaux semblaient respecter le cortège.
Ireena marchait juste derrière, droite, le regard fixé devant elle.
Le cimetière était encore détrempé par la pluie de la veille. La tombe de son père était là, fraîchement refermée. Ils creusèrent à côté, en silence, les mains engourdies par le froid.
Kathia murmura une prière.
Thalion planta une petite branche droite au pied de la fosse, comme un symbole elfique ancien.
Quand ils descendirent Ismark dans la terre noire, Ireena resta immobile.
Puis elle s’agenouilla.
— Repose auprès de père… murmura-t-elle. Je continuerai pour nous deux.
Elle jeta une poignée de terre.
Un à un, ils firent de même.
Orgrimm posa finalement son poing fermé sur sa poitrine.
— T’étais un brave. Puisses-tu boire dans les halls des ancêtres.
Personne ne répondit.
La tombe fut rebouchée. Une nouvelle cicatrice venait de s’ajouter à Barovie.
Ils retournèrent ensuite à la maison pour préparer le départ.
Ireena rassembla ses affaires avec méthode : quelques vêtements, le médaillon familial, une dague, un manteau épais. Rien de superflu. Yoolhyn l’aida à sangler son sac.
— Vallaki, hein… dit-il doucement. Ça changera peut-être un peu de cette ambiance mortuaire.
Elle hocha la tête.
— Si une ville peut encore offrir un semblant de sécurité… c’est là-bas.
Bélisar prit la décision à voix haute :
— On l’escorte jusqu’à l’église. Ensuite, on avisera.
Thalion acquiesça.
— Et en chemin, on fait l’arrêt prévu.
Orgrimm grogna.
— Le lac.
Kathia resserra son manteau autour d’elle.
Ils quittèrent Barovie en fin de matinée.
La brume se referma derrière eux comme une porte invisible.
Le chemin serpentait entre des arbres maigres aux branches mortes. Le vent faisait grincer les troncs, produisant des sons semblables à des gémissements. Chaque pas semblait les éloigner un peu plus du dernier vestige de normalité.
Ireena marchait près de Bélisar, Yoolhyn fermait la marche.
Thalion ouvrait la route alors que Orgrimm surveillait les bois.
Kathia avançait lentement, soutenue par sa foi plus que par ses forces. Personne ne parlait beaucoup. Ils portaient tous le poids de la nuit précédente.
Et quelque part, derrière les collines noyées de brouillard, quelque chose les observait encore.
Ils prenaient la route vers Vallaki avec un détour par le lac, un mort derrière eux…et un vampire devant.
Après trois heures de marche dans une brume lourde et poisseuse, le groupe atteignit enfin la croisée des routes. Là, dressé comme un doigt accusateur vers le ciel blafard, un vieux gibet tordu grinçait sous le souffle glacé venu des collines. Une corde effilochée pendait encore à sa poutre, oscillant doucement, comme si elle attendait son prochain occupant. Un panneau branlant indiquait plusieurs directions d’une écriture presque effacée, tandis qu’en contrebas, derrière un muret écroulé, un petit cimetière apparaissait à demi englouti par la brume, ses pierres tombales serrées les unes contre les autres comme des silhouettes implorantes. L’air semblait chargé d’un écho invisible, un murmure ancien coincé entre la corde et les tombes.
Alors qu’ils reprenaient la route, un grincement rauque retentit derrière eux. En se retournant, ils virent qu’un corps pendait désormais au gibet, là où il n’y avait rien un instant plus tôt. La silhouette grise tournoyait lentement dans la brise, jusqu’à ce que ses yeux morts semblent se fixer sur le groupe.
Lorsque Yoolhyn se retourna, son sang se glaça. Ce n’était pas un Barovien inconnu qu’il vit — c’était lui. Son propre corps oscillait doucement au bout du gibet, la nuque brisée, les yeux ouverts et fixés droit sur lui. Puis la chose sourit. Un sourire lent, malsain, révélant deux petits crocs luisants au coin de sa bouche. Le halfelin sentit ses jambes faiblir tandis que son double continuait de le regarder, comme s’il savourait l’instant. Puis l’apparition se dissipa, se dissolvant comme de la fumée froide, ne laissant derrière elle qu’un silence plus lourd encore — et la certitude glaçante que Barovie jouait avec leurs nerfs… et avec leurs âmes.
Ils quittèrent la croisée des routes sans se retourner une seconde fois, choisissant la direction du lac de Tser, guidés par la croix grossièrement tracée sur le plan récupéré. Le chemin s’enfonçait entre des arbres maigres et torsadés, leurs branches mortes se refermant lentement au-dessus d’eux comme une voûte funèbre. Le sol était détrempé, chaque pas aspiré par une boue noire et froide. Personne ne parlait. Seuls résonnaient le frottement des bottes, le souffle court de Kathia, et le cliquetis discret de l’équipement.
Ils marchèrent encore une heure, puis deux, dans une atmosphère de plus en plus pesante. La brume s’épaississait à mesure qu’ils approchaient du lac, et l’air prenait une odeur d’eau stagnante mêlée de bois pourri. Thalion ouvrait la marche, scrutant chaque recoin du sentier, tandis qu’Orgrimm jetait des regards soupçonneux vers les sous-bois. Yoolhyn fermait la colonne, veillant à ce que personne ne traîne derrière, et Bélisar restait près d’Ireena, comme une ombre protectrice. Kathia avançait lentement, soutenue par sa volonté plus que par ses forces, le visage pâle mais déterminé.
Puis, enfin, à travers les arbres noyés de brume, ils aperçurent une lueur tremblotante. Des silhouettes de chariots se dessinèrent, disposés en cercle près de la rive du lac. De fines colonnes de fumée montaient paresseusement vers le ciel gris. Le camp des Vistani était là, exactement à l’endroit marqué sur le plan.
À mesure qu’ils approchaient du camp, près du Lac Tser, la brume sembla se faire plus légère, presque respectueuse de cet îlot de vie. Les arbres s’écartèrent, révélant un cercle de roulottes colorées et de tentes dressées autour de plusieurs feux crépitants. Des éclats de rire fusaient dans l’air frais, mêlés aux notes vibrantes de violons et de tambourins. Des silhouettes dansaient près des flammes, d’autres partageaient du vin ou tapaient des mains en rythme. Après les hurlements, le sang et la potence, cette scène paraissait presque irréelle.
L’odeur du bois brûlé se mêlait à celle d’un ragoût épicé, et pour la première fois depuis Barovie, le groupe sentit ses épaules se relâcher, ne serait-ce qu’un peu. Même Kathia, soutenue par Yoolhyn, laissa échapper un souffle plus long, comme si son corps reconnaissait enfin un endroit où la mort ne régnait pas en maître.
Ce n’était pas un refuge — pas vraiment — mais c’était une parenthèse. Une poche de chaleur et de musique au cœur d’une terre maudite. Et tandis que Bélisar avançait aux côtés d’Ireena, Orgrimm observant les feux avec méfiance, Thalion scrutant les ombres en périphérie, tous comprirent la même chose : les Vistani vivaient avec Barovie, pas contre elle. Ils riaient malgré la brume, jouaient malgré les monstres. Une leçon silencieuse… et peut-être un avant-goût de ce qui les attendait.
Leur arrivée fut accueillie sans méfiance.
À peine eurent-ils franchi le cercle des roulottes qu’on leur tendit des bols fumants, du pain encore tiède, et une boisson sombre aux épices brûlantes. Des sourires fatigués mais sincères remplacèrent les regards soupçonneux auxquels Barovie les avait habitués. Une femme âgée posa une couverture sur les épaules de Kathia sans un mot. Un homme tapa amicalement sur l’avant-bras d’Orgrimm en riant. Même Yoolhyn, encore secoué par la vision du gibet, sentit peu à peu la tension quitter ses épaules.
Ils mangèrent autour du feu.
La musique reprit, douce, presque mélancolique. Un violon chantait des airs anciens pendant que des enfants dansaient pieds nus dans la poussière. Bélisar resta proche d’Ireena, mais pour la première fois depuis longtemps, il la vit esquisser un léger sourire. Thalion observait les abords du camp, par habitude plus que par crainte. Orgrimm savourait son ragoût en silence. Kathia, épuisée, se contentait de petites bouchées, reconnaissante pour cette chaleur inattendue.
Le temps passa ainsi — une heure, peut-être davantage.
Puis un jeune Vistana s’approcha, inclina légèrement la tête.
— La voyante vous réclame.
Son regard passa sur chacun d’eux.
— Tous… sauf la jeune femme.
Ireena se figea.
— Elle a dit : pas elle.
Un frisson imperceptible parcourut le groupe.
— Madame Eva vous attend dans sa tente.
Ils suivirent le messager entre deux rangées de roulottes jusqu’à une grande tente ornée de tissus rouges et violets, constellée d’amulettes, d’os polis et de perles ternies. L’air y était plus lourd, saturé d’encens et de cire fondue. À l’intérieur, assise sur des coussins brodés, les attendait Madame Eva.
Ses yeux pâles semblèrent les traverser un à un.
Un sourire sans joie effleura ses lèvres.
— Approchez, enfants du brouillard… murmura-t-elle. Vos pas résonnent depuis longtemps dans les fils du destin.
Elle posa lentement un jeu de cartes usées devant elle.
— Chacun de vous porte déjà une ombre.
Ce soir… nous allons lui donner un nom.
Derrière eux, la musique du camp continua de jouer.
Mais dans la tente de Madame Eva, le monde venait de se refermer.

Dans la pénombre parfumée d’encens, Madame Eva fit signe aux aventuriers de s’asseoir en cercle. Devant elle, un tissu brodé de symboles anciens recouvrait la table basse. Elle mélangea lentement les cartes de Tarokka, ses doigts noueux glissant sur le carton usé comme s’ils caressaient des souvenirs. Son regard passa sur chacun d’eux — long, pénétrant — puis elle tendit le paquet.
— Une carte chacun. Le destin a besoin de vos mains pour parler.
Une à une, les cartes furent tirées et placées face cachée. Quand la cinquième rejoignit les autres, Madame Eva inspira profondément… puis retourna la première.
Madame Eva retourna la première carte, et une ombre sembla glisser sur la toile brodée. Le Tortionnaire, murmura-t-elle. Sa voix évoqua aussitôt les fils du passé, ces vérités enfouies qui refusent de mourir. Elle parla d’une ville aux sourires fanés, d’une demeure rongée par la trahison, où le mal s’est installé sans fracas, avec patience. Là, dans une pièce privée de lumière, reposent des âmes silencieuses qui se souviennent encore. Elles savent ce que le maitre a oublié.
La seconde carte révéla Le Charlatan, et avec elle la trace d’une force ancienne, immuable. Madame Eva parla d’un symbole forgé par la foi, nourri d’espérance, dernier rempart contre la nuit grandissante. Elle vit un moulin solitaire, dressé face aux vents, figé au bord d’un précipice, où les roues ont cessé de tourner mais où veille encore une présence calme et attentive. Là-haut, dans le grenier oublié, repose un Symbole sacré. Il n’attend pas un héros… mais une âme capable de porter ce qu’il représente. Car ce trésor n’est pas qu’un objet : c’est une promesse faite au monde.
Quand La Guérisseuse apparut, l’air sembla vibrer d’une chaleur invisible. Madame Eva parla alors d’un pouvoir incandescent, d’une lame née de la lumière et trempée dans la colère des justes. L’Épée-Soleil, dit-elle, n’est pas une arme ordinaire : c’est un jugement. Elle repose à l’ouest, près d’un bassin béni par le Soleil blanc, là où la lumière danse sans jamais sombrer. Elle dort, certes, mais rêve encore de justice. Et elle ne se révélera qu’à celui dont le cœur brûle non de haine, mais de résolution, car cette épée n’est pas un outil… c’est une épreuve.
La quatrième carte porta un souffle d’espoir. Le Corbeau, annonça Madame Eva, et ses yeux s’adoucirent. Elle parla d’un allié choisi par le destin, d’un ancien maître du ciel vivant désormais parmi les vignes, voûté par l’âge mais pas brisé. Sous ses silences sommeille encore le cri de la guerre. Il est vieux, oui, mais il lui reste une bataille à livrer. Avant cela, il devra renouer avec le sang de son sang. Alors seulement il marchera à leurs côtés, portant leurs espoirs comme autrefois il portait les siens.
La dernière carte glaça la tente. Le Sombre Seigneur. Madame Eva inspira longuement avant de parler. Cette carte ne promettait rien — elle révélait la fin du chemin. Elle montrait l’ombre derrière toutes les autres, le cœur glacé des ténèbres. Strahd n’erre pas parmi les vivants : il attend. Non par peur, mais par dessein. Et comme tout fleuve retourne à la mer, comme toute poussière retourne à la terre, lui aussi doit revenir à son origine. Dans son tombeau, au plus profond du château, là où la lumière hésite à entrer. Ce n’est pas seulement un ennemi qui les y attend… mais ce qu’il reste, quand tout le reste a disparu.
Après la lecture des cartes, ils quittèrent la tente de Madame Eva sans échanger un mot. Le feu du camp brûlait toujours, la musique s’était faite plus douce, et les Vistani leur offrirent un abri pour la nuit. Des couvertures furent étendues près des roulottes, on partagea une dernière soupe chaude, puis chacun chercha le sommeil sous un ciel voilé. Mais pour ceux qui avaient goûté aux tourtes de Mamie Morgane, le repos ne vint jamais vraiment. À peine leurs yeux fermés, les cauchemars s’abattirent sur eux comme une marée noire : visions de chairs déchirées, de pendus souriants, de voix murmurant leur nom dans l’obscurité. Yoolhyn se réveilla plusieurs fois en sursaut, le cœur battant, persuadé de sentir encore des crocs contre sa gorge. Bélisar revit Ismark tomber, encore et encore. Orgrimm rêva de tunnels effondrés emplis de sang. Même Kathia, déjà si affaiblie, gémit dans son sommeil, poursuivie par des ombres sans visage.
Quand l’aube grise se leva sur le lac, ils émergèrent tous en sueur, les traits tirés, les yeux rougis, comme si la nuit avait bu leurs forces au lieu de les rendre. Leurs corps étaient lourds, leurs esprits embrumés, et chacun portait encore au fond de lui l’écho des horreurs rêvées. Ils s’étaient allongés sous la protection des Vistani… mais Barovie, elle, n’avait jamais cessé de les tenir.
Ils quittèrent le camp Vistani peu après l’aube, longeant le canyon abrupt de la rivière Ivlis dont les eaux sombres grondaient loin en contrebas. Le sentier serpentait dangereusement près du vide, offrant parfois une vue vertigineuse sur les rochers détrempés et les nappes de brume accrochées aux falaises. Le groupe avançait prudemment, encore engourdi par les cauchemars de la nuit, chaque pas résonnant dans le silence oppressant des hauteurs. Heureusement, les Vistani leur avaient indiqué un étroit chemin dissimulé entre les racines et les pierres, un passage presque invisible qui leur permit de quitter le canyon et de rejoindre la route menant à Vallaki, plus de trois cents mètres au-dessus des eaux tumultueuses.
Ils retrouvèrent bientôt le grand axe pavé, non loin des lourdes doubles portes marquant l’embranchement vers Barovie, puis poursuivirent leur marche pendant de longues heures sous un ciel bas et sans couleur. Le vent portait une odeur humide de mousse et de terre morte, et aucun oiseau ne chantait. Quand enfin ils levèrent les yeux, une silhouette solitaire se dessina devant eux, dressée sur le sommet d’une colline : un vieux moulin décrépit, immobile face à leur avancée. Ses ailes figées semblaient observer la route comme des bras cassés tendus vers le ciel, et une étrange impression s’empara du groupe — celle d’être attendus.
Fin du chapitre 8